Je n'aurai jamais pensé citer un jour du Beigbeder.
Et pourtant...tout arrive.
Je ne sais pas pourquoi j'ai attendu si longtemps. Quatre mois, cinq mois peut-être. Oui, cinq mois je crois. Voilà, c'était le 2 mars. Il y a écrit au 2 mars dans mon agenda "Chez J., trop (petit c½ur)". Et oui, je suis cul-cul comme tout le monde.
Donc je ne sais pas pourquoi j'ai attendu si longtemps. Ou plutôt si je sais. Cette situation ne m'est pas si inconfortable. Je travaille tout le temps. Quand j'ai fini un petit boulot, j'en trouve un autre. Ou je trouve autre chose à faire. Nous nous appelons de temps en temps. Je pense à lui dans les bons moments que je voudrai partager. Et dans les mauvais pour trouver un peu de réconfort. Toutes mes victoires sont pour lui. Mes échecs ne m'atteignent plus. Depuis un an, je ne suis pas tombée amoureuse. Ou plutôt si, je suis tombée amoureuse des centaines de fois le samedi soir entre 4 et 5 heures du matin. De garçons intelligents mais inintéressants, de garçons alcooliques et déséquilibrés, d'obèses naturistes (oui c'est possible, mais il n'y avait qu'un seul exemplaire et il était pour moi). J'ai crapahuté dans la ville, j'ai vu des dizaines de lever de soleil, j'ai sonné chez des centaines de personnes, j'ai escaladé des poubelles - et j'ai trouvé ça très drôle -, j'ai fait des batailles de panneaux de signalisation, j'ai raconté ma vie, j'ai écouté celles des autres, et je suis toujours rentrée chez moi toute seule, abandonnant l'objet de ma convoitise à mon futur jugement.
Elles parlent de catalyseur. Elles pensent qu'à cause de lui, plus personne ne trouvera grâce à mes yeux. En étant d'une mauvaise foi absolue, on pourrait dire, au contraire que, grâce à lui, je ne tombe plus amoureuse.
Alors nous nous sommes vus. Rien n'avait changé. J'ai mis ma grande robe de madame. J'ai fait les cent pas en bas de chez lui. Il a ouvert la porte. J'aurai aimé le trouver changé. Nous avons parlé, sur une terrasse, jusqu'à s'en faire dégager. Même rue, même quartier, même bar. Un bar si impersonnel qu'on y ramène toujours celui que l'on cherche à séduire pour être sûr de ne pas avoir l'esprit troublé par autre chose. Même jour, même heure, nous avons retracé ces cinq mois où nous avons été tour à tour festivaliers, spectateurs et acteurs des mêmes événements sans jamais se croiser.
On a parlé des Velvet, de Gus Van Sant et de Last Days. Allongés sur sa moquette, nous avons évoqué l'esthétique de la déchéance. Il a lâché le mot. La transcendance. Voilà c'est ça. Etre allongé sur cette moquette avec lui, me transcende. A cet instant, nous ne sommes plus rien. Notre esprit s'abandonne au délire. Nous nous retrouvons ensemble dans le monde que nous nous fabriquons ensemble. Nous oublions qui nous avons été, qui nous sommes et ce que nous risquons de devenir. A cet instant, rien ne compte plus que cette peau chaude et douce qui je presse contre moi. Je suis la droguée qui a besoin de sa poudre et qui ne pense qu'au plaisir immédiat de l'injection.
Je pense que nous étions fait pour une vie beaucoup plus trash. Je sais que maintenant c'est trop tard. Jamais je ne deviendrai une punk à chien. Quand on ne devient pas trash, on devient écolo bobo, on met des pantalons en lin et on part en vacances au Sénégal. Ou on devient sage.
La paranoïa me gagne. Est-il un gourou ? A-t-il d'autres adeptes ? Foutaises de la raison que mon c½ur veut ignorer. Ni jalouse, ni coquette, notre relation est unique. Je ne me suis jamais posé la question de savoir s'il était bon ou mauvais, si je devais ou ne devais pas, s'il fallait espérer ou abandonner. Héroïne d'une tragédie à la noix, j'ai su comme une évidence, dès que mon regard s'est posé sur lui, que cet amour inconditionnel dépasserait mon entendement.
...
Un tel amour ne survit pas sans la transcendance. De matin en matin, il deviendrait l'homme, mon homme, cet homme, un homme. Ce visage deviendrait familier. Ce corps trop connu. Ces mots d'amour attendus. Et ces attentions forcées. Nous prendrions notre petit déjeuner après avoir bien dormi et je finirai par trouver ça parfaitement normal.
Sans issue, notre amour ne sera jamais détruit.
...
Et soudain, cette pensée atroce me déchire le c½ur :
« Et s'il attrapait la grippe A ? ».
:)
Et pourtant...tout arrive.
Je ne sais pas pourquoi j'ai attendu si longtemps. Quatre mois, cinq mois peut-être. Oui, cinq mois je crois. Voilà, c'était le 2 mars. Il y a écrit au 2 mars dans mon agenda "Chez J., trop (petit c½ur)". Et oui, je suis cul-cul comme tout le monde.
Donc je ne sais pas pourquoi j'ai attendu si longtemps. Ou plutôt si je sais. Cette situation ne m'est pas si inconfortable. Je travaille tout le temps. Quand j'ai fini un petit boulot, j'en trouve un autre. Ou je trouve autre chose à faire. Nous nous appelons de temps en temps. Je pense à lui dans les bons moments que je voudrai partager. Et dans les mauvais pour trouver un peu de réconfort. Toutes mes victoires sont pour lui. Mes échecs ne m'atteignent plus. Depuis un an, je ne suis pas tombée amoureuse. Ou plutôt si, je suis tombée amoureuse des centaines de fois le samedi soir entre 4 et 5 heures du matin. De garçons intelligents mais inintéressants, de garçons alcooliques et déséquilibrés, d'obèses naturistes (oui c'est possible, mais il n'y avait qu'un seul exemplaire et il était pour moi). J'ai crapahuté dans la ville, j'ai vu des dizaines de lever de soleil, j'ai sonné chez des centaines de personnes, j'ai escaladé des poubelles - et j'ai trouvé ça très drôle -, j'ai fait des batailles de panneaux de signalisation, j'ai raconté ma vie, j'ai écouté celles des autres, et je suis toujours rentrée chez moi toute seule, abandonnant l'objet de ma convoitise à mon futur jugement.
Elles parlent de catalyseur. Elles pensent qu'à cause de lui, plus personne ne trouvera grâce à mes yeux. En étant d'une mauvaise foi absolue, on pourrait dire, au contraire que, grâce à lui, je ne tombe plus amoureuse.
Alors nous nous sommes vus. Rien n'avait changé. J'ai mis ma grande robe de madame. J'ai fait les cent pas en bas de chez lui. Il a ouvert la porte. J'aurai aimé le trouver changé. Nous avons parlé, sur une terrasse, jusqu'à s'en faire dégager. Même rue, même quartier, même bar. Un bar si impersonnel qu'on y ramène toujours celui que l'on cherche à séduire pour être sûr de ne pas avoir l'esprit troublé par autre chose. Même jour, même heure, nous avons retracé ces cinq mois où nous avons été tour à tour festivaliers, spectateurs et acteurs des mêmes événements sans jamais se croiser.
On a parlé des Velvet, de Gus Van Sant et de Last Days. Allongés sur sa moquette, nous avons évoqué l'esthétique de la déchéance. Il a lâché le mot. La transcendance. Voilà c'est ça. Etre allongé sur cette moquette avec lui, me transcende. A cet instant, nous ne sommes plus rien. Notre esprit s'abandonne au délire. Nous nous retrouvons ensemble dans le monde que nous nous fabriquons ensemble. Nous oublions qui nous avons été, qui nous sommes et ce que nous risquons de devenir. A cet instant, rien ne compte plus que cette peau chaude et douce qui je presse contre moi. Je suis la droguée qui a besoin de sa poudre et qui ne pense qu'au plaisir immédiat de l'injection.
Je pense que nous étions fait pour une vie beaucoup plus trash. Je sais que maintenant c'est trop tard. Jamais je ne deviendrai une punk à chien. Quand on ne devient pas trash, on devient écolo bobo, on met des pantalons en lin et on part en vacances au Sénégal. Ou on devient sage.
La paranoïa me gagne. Est-il un gourou ? A-t-il d'autres adeptes ? Foutaises de la raison que mon c½ur veut ignorer. Ni jalouse, ni coquette, notre relation est unique. Je ne me suis jamais posé la question de savoir s'il était bon ou mauvais, si je devais ou ne devais pas, s'il fallait espérer ou abandonner. Héroïne d'une tragédie à la noix, j'ai su comme une évidence, dès que mon regard s'est posé sur lui, que cet amour inconditionnel dépasserait mon entendement.
...
Un tel amour ne survit pas sans la transcendance. De matin en matin, il deviendrait l'homme, mon homme, cet homme, un homme. Ce visage deviendrait familier. Ce corps trop connu. Ces mots d'amour attendus. Et ces attentions forcées. Nous prendrions notre petit déjeuner après avoir bien dormi et je finirai par trouver ça parfaitement normal.
Sans issue, notre amour ne sera jamais détruit.
...
Et soudain, cette pensée atroce me déchire le c½ur :
« Et s'il attrapait la grippe A ? ».
:)